Sépulture écologique : Pourquoi le bois est-il un meilleur choix que le granit ?

Pourquoi choisir le bois pour un monument funéraire ? Découvrez l'analyse comparative entre l'Iroko, le Chêne et le granit. Entre stockage de carbone et durabilité naturelle, nous levons le voile sur le véritable impact écologique de nos sépultures végétalisées.

Arnaud Sépultures Végétalisées

1/9/20263 min read

C'est une question légitime et centrale dans notre démarche. Intuitivement, on pourrait penser qu'une pierre naturelle est écologique et qu'un bois importé (comme l'Iroko) ne l'est pas.

Pourtant, lorsque l’on analyse le Cycle de Vie (ACV) complet des matériaux — de l'extraction à la pose — la réalité est très différente. Notre choix du bois repose sur des faits scientifiques solides qui en font le matériau le plus cohérent pour une sépulture à faible impact environnemental.

Voici pourquoi, chiffres et faits à l'appui :

1. Le Granit : Un bilan carbone lourd et caché

Le monument funéraire "classique" en granit poli présente un bilan environnemental souvent désastreux pour trois raisons majeures :

  • Une extraction énergivore : Extraire la pierre nécessite des machines lourdes, des explosifs et une consommation massive d'eau et d'énergie fossile.

  • Un transport au poids démesuré : Aujourd'hui, près de 80% des monuments en granit posés en France proviennent d'Asie (Chine ou Inde). Certains granit sont même extraits en France avant d'être envoyé en Asie pour transformation puis renvoyé en France pour la vente. Un monument standard pèse entre 500 kg et 1 tonne. Transporter une telle masse sur 17500 km (source CTMNC) ou sur 35000 km en cas d'aller et retour génère une quantité considérable de CO2.

  • La transformation : La découpe et le polissage "miroir" du granit sont des processus industriels extrêmement gourmands en électricité.

En résumé : Produire un monument en pierre, c'est émettre du carbone dans l'atmosphère à chaque étape de sa fabrication.

2. Le Bois : Un "Puits de Carbone" naturel

À l'inverse de la pierre inerte, l'arbre est un organisme vivant qui a passé sa vie à nettoyer l'atmosphère.

  • Le stockage du CO2 : Durant sa croissance, l'arbre absorbe le CO2 de l'air grâce à la photosynthèse, rejette de l'oxygène et stocke le carbone dans ses fibres. On estime qu'1 m³ de bois stocke environ 1 tonne de CO2.

  • Le principe de substitution : En utilisant ce bois pour un encadrement durable, nous "piégeons" ce carbone au sol pour des décennies, au lieu qu'il ne soit relâché dans l'atmosphère si l'arbre pourrissait ou brûlait.

En résumé : Avant même d'être travaillé, le matériau bois part avec un "crédit carbone" positif, contrairement à la pierre qui part avec une dette.

3. Le cas de l'Iroko (Bois Exotique) : Le paradoxe du transport

"Mais faire venir du bois d'Afrique, n'est-ce pas polluant ?" C'est l'objection la plus courante. Voici la réalité des chiffres :

  • L'efficacité du transport maritime : Le transport par cargo, rapporté au kilo transporté, émet très peu de CO2 par kilomètre parcouru (bien moins que le camion).

  • La balance Poids/Carbone : Nos encadrements en bois sont légers (quelques dizaines de kilos contre une tonne pour du granit). Même en comptant le transport depuis l'Afrique, le CO2 émis pour le voyage reste inférieur à la quantité de CO2 que le bois stocke en lui-même. Le bilan global reste donc neutre, voire négatif (bénéfique).

  • La durabilité sans chimie : L'atout majeur de l'Iroko est qu'il est naturellement imputrescible (classe 4). Il ne nécessite aucun traitement chimique fongicide ou insecticide, contrairement à des bois locaux plus tendres (comme le pin) qu'il faudrait traiter pour un usage en terre. C'est une pollution des sols évitée.

Conclusion : Choisir un encadrement en bois, qu'il soit en Chêne français ou en Iroko durable, est un acte écologique fort. C'est préférer un matériau renouvelable qui stocke le carbone, plutôt qu'un matériau fini dont l'extraction et le transport lourd contribuent au réchauffement climatique.

« Le bois est un matériau dont la noblesse vient de ce qu'il a eu une vie et qu'il en garde la mémoire. »